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La cantine

  Sujet ô combien important pour les élèves, aujourd’hui comme hier !
La cantine a bien changé, elle s’est agrandie pour accueillir des élèves plus nombreux. Elle s’est adaptée aux normes d’hygiène plus contraignantes.

« M. le Directeur et les enseignants prenaient leur repas à une table placée sur une estrade et quelquefois imposaient le silence pour nous faire écouter une lecture faite par un professeur. » (1940-1941)

« Le réfectoire se trouvait au ras du sol sous les CEP. Les professeurs prenaient leur repas en même temps que nous. L’abbé Lebascle faisait souvent tinter sa clochette soit pour apaiser le brouhaha ou pour nous apporter une information quelconque.
Nous avions chacun notre place et un petit casier sous la table nous permettait de stocker diverses fournitures : beurre, confitures, serviette…
. » (1960-1965)

« Vendredi 22 novembre 1963 LA MORT DE KENNEDY
Nous étions au réfectoire ce vendredi soir. Une table transversale était réservée aux adultes composés le plus souvent d’un binôme : un surveillant laïc et un prêtre. Le binôme était régulièrement remplacé alternativement par un autre.
Les tables des pensionnaires et demi-pensionnaires étaient disposées en ligne face à cette table. Chaque repas du midi ou du soir notre repas était rythmé par les prières de remerciements : le Benedictus et le Deo gracias, par le tintement d’une sonnette autorisant les discussions et échanges ou bien le silence.
Ce soir là, le directeur est venu annoncer la nouvelle : le président des Etats Unis a été assassiné à Dallas. Nous nous sommes tous mis debout à la fin du repas après le tintement de la clochette et avons effectué une prière pour lui.
» (1962-1971)

« On se mettait en rang dehors avant d’entrer, ensuite debout devant la table, prière puis assis pour le repas. Les plats étaient apportés par Francis, homme de service. » (1966-1970)

  Les filles ont continué de manger à l’Ange-Gardien jusqu’en 1990. La mise en service du self et les travaux d’agrandissement du réfectoire ont permis de les accueillir.



Comment étaient la nourriture?

  Les élèves d’aujourd’hui semblent satisfaits de la variété, de la quantité et de la qualité des repas. Le self est bien apprécié.
Autrefois, la nourriture était moins variée. Cependant, même pendant la 2ème Guerre mondiale, les élèves n’ont pas souffert de la faim.
Pendant longtemps, les élèves ont mangé des légumes cultivés à l’école ou fournis par les parents d’élèves.

« La cuisine était faite par Mme Lecointe avec les produits fournis par les parents. » (1930)
« Il y avait les menus du lundi, du mardi, etc., maigre le vendredi, et pot-au-feu le samedi. On mangeait à notre faim. Mauvais souvenir : purée verte (pois cassé et pomme de terre), fraise de veau.
» (1935-1943)

« La nourriture était bonne mais si on ne mangeait pas, il n’y avait pas de sortie le jeudi.. » (1936-1938)

« Bof, pendant la guerre. La purée de pois cassés, je déteste ça ! Il y avait un chef de table qui s’occupait de sa table. » (1940-1942)

« Il y avait souvent des pommes de terre et des rutabagas, c’était la guerre. Mme Courtin, la cuisinière apportait un sac de pomme de terre que les élèves devaient éplucher pour la purée » (1941-1944)

« Un jour, nous avons eu droit à un bombardement en règle, le repas n’ayant pas pu être préparé, le plat qui nous fut servi fut de la confiture de rhubarbe à la limite d’être brulée. Dieu qu’elle était bonne ! » (1941-1945)

« Afin de protéger la récolte de pommes de terre, nous allions dans le champ situé en contrebas du Sacré-Cœur, afin de recueillir, dans une boite de conserve vide, les doryphores qui infestaient les plantes. Ensuite, nous brulions les insectes, préalablement arrosés d’un peu d’essence. Je ne me souviens pas avoir éprouvé quelque pitié pour ces bêtes mais plutôt le sentiment d’un devoir accompli. . » (1942-1945)

« Je n’ai pas eu le sentiment de souffrir de privation de nourriture…Il y avait un grand jardin attenant au Sacré-Cœur et…le frère du directeur qui faisait fonction d’économe sillonnait la campagne et réussissait, grâce aux relations qu’il avait su nouer avec les agriculteurs, à se procurer des denrées en quantité suffisante….Le dessert usuel était la pomme ; et je me souviens avoir réussi plusieurs fois à me glisser, le soir, dans la cuisine, située en bas de l’escalier du dortoir, pour manger un supplément de pomme cuite au sucre que me donnait la cuisinière. Le gouter de quatre heures était constitué de pain, de beurre et de chocolat ou plutôt, compte tenu de la rareté de ce dernier produit, d’une pate blanche vaguement enrobée de cacao. » (1942-1945)

« Le midi et le soir, il y avait de la soupe en premier plat et comme j’avais de l’appétit, je mangeais deux assiettes de soupe, la part d’un copain et je lui donnais mon petit carré de chocolat que nous avions comme dessert. La nourriture n’était pas terrible mais on mangeait à notre faim. » (1943-1949)

« Après la guerre, beaucoup de morue le vendredi. Morue mal dessalée + papier, direction les chiottes. » (1946-1952)

«  Il y avait la cantine réservée aux pensionnaires et aux demi-pensionnaires. Qui fut accessible à tous en cette occasion remarquable où le lait chaud fut offert (merveilleusement imposé aux élèves. Il s’agissait, parait-il, du projet de Mendès-France. Il en reste des souvenirs d’odeurs. C’était du vrai lait. . » (années 50)

« La nourriture n’était pas extraordinaire. J’y ai appris le dégout du foie (saignant), des épinards, des saucisses. » (1958-1960)

« LE BOUDIN
Durant ces périodes 1962-1971, nous n’avions pas au Sacré-Cœur une restauration quotidienne avec une diversité de plats. La surveillance était effectuée chaque jour par un surveillant attitré et un professeur, le plus souvent prêtre.
Le menu était unique et parfois les mets n’étaient pas du goût de certains d’entre nous.
L’un des plats qui n’avait pas beaucoup de succès était le boudin à la mode du Sacré-Cœur.
Comme par hasard, le jour du boudin, nous étions particulièrement surveillés pour que chacun d’entre nous puisse manger ce boudin à la purée de pomme de terre. Si nous refusions ou laissions un morceau dans notre assiette, nous avions une obligation de rester, même après la prière de remerciement, pour terminer ce boudin qui devenait de moins en moins appétissant lorsqu’il se refroidissait.
Aussi, tous les stratagèmes étaient mis en œuvre pour éviter de manger notre part de boudin sans se faire remarquer. Nous disposions sous les grandes tables du réfectoire de casiers ouverts pour mettre nos effets personnels : serviettes, couverts, provisions de la semaine, beurre fromage, confiture, chocolat, gâteaux. Ces casiers nous ont permis d’éviter cette pénible corvée. Discrètement, nous prenions en pleine main ce boudin puis, nous le cachions dans un emballage de gâteaux Petit Lu ou bien une partie de papier journal et le mettions dans la poche de notre pantalon.
Une fois dans la cour, nous nous dirigions vers les toilettes extérieures proches de la route. Le boudin partait directement avec la chasse d’eau vers sa destinée sans avoir fait l’étape d’’un transit humain.
Cette démarche a évolué pendant une période
C’était la cérémonie du boudin. L’un d’entre nous, Gérard GER……confectionnait des petits cercueils en papier dans lesquels nous mettions délicatement notre boudin caché dans notre poche, puis, pendant qu’il fredonnait un chant dédié à la mémoire de célèbre boudin, chacun d’entre nous ( ceux qui n’avaient pas été pris) ouvrait les portes des toilettes et visait l’endroit ou ce cercueil allait très rapidement disparaître.
» (1962-1971)

« Le repas commençait par le Bénédicité. Nous devions attendre d’avoir l’autorisation de parler. A la fin du repas, nous devions faire silence au coup de sonnette. Des raviolis tous les mercredis soirs que nous servait Francis. » (1963-1968)

« Quelquefois à la cantine, il y avait un chef de table et il n’était pas rare qu’il aie la tête de poisson à manger. . » (1964-1969)

« La nourriture était ordinaire mais pas mauvaise, souvenir du peu de succès le vendredi des œufs au plat sur des épinards. » (1966-1970)

« C’était certainement meilleur car les cuisiniers pratiquaient leur métier librement. » (1980-1985)

« Dans les premières années, les filles allaient manger à l’école primaire. Ce n’était pas bon. Après, il y a eu le self avec le bâtiment en bas de la cour, la nourriture était meilleure. » (1990-1994)

« Mon papa faisait la cuisine, c’était très bon. Il faisait de très gros efforts pour que le plus de choses possibles soient faites maison. Il faisait les frites en pelant les pommes de terre, par exemple. . » (1992-1996)

  Depuis quelques années, la cuisine a été confiée à une société de restauration mais les chefs Vincent Greffe et aujourd’hui Jean Paul Leray ont perpétué ce souci de préparer des repas de qualité, avec de nombreux plats-maison. Ils proposent des repas à thème : normand, américain, nord-africain, kebab, pomme…Les élèves en redemandent.

« La nourriture était bonne et en plus, nous avions le choix entre deux plats de viande » (1992-1996)

« La nourriture était généralement bonne. Les gens qui s’occupaient du self étaient vraiment adorables » (1995-1999)

« Le personnel de self était très apprécié. » (1997-2001)



Buviez-vous du cidre ?

« Le Sacré-Cœur achetait des pommes, il y avait réparation des tonneaux, la presse venait pour faire le cidre et nous buvions un cidre avec beaucoup d’eau, souvent tué, couleur gris-brun. » (1935-1943)

« Chaque année, arrivaient plusieurs tombereaux de pommes à cidre qui étaient déversées près de l’escalier menant aux classes. On ne se risquait pas à en manger tant elles étaient fort aigres. Nous assistions, le moment venu, à la fabrication du cidre qui s’effectuait par pression, les pommes étant mises dans une toile de jute fort épaisse, laquelle était enserrée dans un cadre carré en bois d’environ 80 centimètres de coté et d’environ 15 de hauteur. Ces cadres étaient empilés, à raison de 8 ou 10 et la presse à moteur agissait ensuite. . » (1945-1952)

« Le jeudi après-midi, à la saison des pommes, on allait dans les fermes ramasser les pommes, moitié pour l’agriculteur, moitié pour le collège. Le chanoine Bazin dirigeait les opérations avec M. Giffault, homme de service, homme de confiance. » (1946-1952)

« Le CIDRE mémoire du jeune garçon de 7 ans
Cette grande porte en bois sur le coté de ce qui était l’un des préaux nous intriguait.
Nous avions décidé lors de notre espace de liberté d’attendre l’arrivée de Francis, qu’il ouvre la porte à clef, et de le suivre à distance dès qu’il rentrerait au sein de cette pièce.
Ce moment arrivé nous a permis de découvrir un espace éclairé faiblement par une ampoule centrale, avec des mobiliers en attente telles que des vieilles tables d’écoles en stock, des véhicules à deux roues garés, mais aussi deux volumineux tonneaux à cidre où Francis, avec un plaisir non dissimulé, remplissait les pots en plastique du cidre destiné à quelques estomacs costauds de pensionnaires habitués à ce breuvage. Je devrais dire de ces breuvages car le cidre du mois de novembre n’avait plus rien à voir avec celui du mois de mai ou juin. La couleur passait du jaune d’or au vert épinard et le goût sucré à celui de vinaigre.
» (1962-1971)

« Nous buvions du cidre médiocre, très coupé d’eau, amer et un peu verdâtre (cidre tué comme on dit dans la campagne). J’étais un peu surpris de ce cidre médiocre fait avec les mêmes pommes que celles utilisées pour la fabrication d’un cidre bien meilleur à la maison. . » (1966-1970)

« Dans des pichets jaunes, du cidre de deux ans » (1975-1977)

  Le cidre a disparu des tables. Les élèves n’assistent plus à sa fabrication dans la cour de l’école. On ne boit plus que de l’eau. On peut encore voir dans le mur de la cave le trou par lequel on passait le tuyau de la pompe à cidre.



Et le petit déjeuner des pensionnaires ?

« Pour le petit déjeuner, il y avait soit du café au lait, soit du chocolat au lait. Le pain était fourni, mais les parents devaient amener environ tous les dix ou quinze jours du beurre ou des rillettes.
Les pensionnaires rangeaient cela dans le casier de la table à laquelle ils mangeaient.
Le beurre était parfois rance.
» (1936-1938)



Qui faisait le service et la vaisselle ?

  Mmes Chenu et Lecointre puis M. Giffault, Francis et les élèves faisaient la vaisselle à tour de rôle.
Ensuite Mmes Pouchard, Dumesnil, Hochet, Jobard, Bouillot, Demeyere leur ont succédé.

« Demi-pensionnaires, nous essuyions les couverts (fourchette, cuillère, timbale) avec notre pain et notre serviette. Une fois la semaine, il y avait une bassine d’eau chaude sur la table pour tremper les couverts. » (1935-1943)

« « Il y avait des employés qui faisaient le service et la vaisselle mais je me rappelle plus les noms. Les élèves pouvaient aussi faire le service et la vaisselle en cas de punition. . » (1946)

« FRANCIS
Francis était l’homme de la cuisine et du réfectoire. Les cheveux coupés en brosse, de faible corpulence, il était vif, et avait une forte poigne, un visage fin et maigre. Il portait un tablier bleu marine, un pantalon de travail et une chemise à carreaux, sa tenue faisait partie de son image, celle du Sacré-Cœur. Nous étions souvent surpris de le rencontrer en tenue de ville lorsqu’il repartait dans son village de Céaucé.
Lorsqu’il travaillait du matin au soir, de l’hiver à l’été, il avait souvent les manches retroussées de sa chemise qui lui dévoilaient des bras et avant bras peu volumineux mais tout en muscles.
Francis, c’était un peu pour les jeunes adolescents, le grand frère avec lequel on pouvait se mesurer. Il arrivait surtout après la vaisselle du soir, que nous ayons des concours de force dans le réfectoire, à l’abri de tout regard, et parfois des courses autour des tables pour ne pas se faire attraper.
Sa chambre était au second étage, au-dessus du petit dortoir, pas très loin de la chambre de mademoiselle Butet.
Il se levait tôt le matin pour préparer le petit déjeuner. Nous l’entendions descendre les escaliers, il passait prés de la porte du petit dortoir. Lorsque nous étions prêts pour la première étude, nous traversions le couloir du rez-de-chaussée, prés de la cuisine, qui embaumait de lait chaud et de café.
Francis aidait à la cuisine, mais je souviens de lui préparant les bols le matin, les pichets à lait et à café et des assiettes le midi et soir et le nettoyage du réfectoire.
Nous entendions aussi le son régulier de la guillotine à pain qu’il maniait le matin, tranchant les tartines aux odeurs sympathiques. A cette période, il n’y avait pas de perte de pain, toutes les tranches non consommées dans la journée pouvaient être utilisées pour une soupe aux croûtons le soir ou le lendemain.
» (1962-1971)

« La vaisselle et les desserts
Au Sacré-Cœur, nous apprenions à vivre en collectivité et avions des devoirs envers celle ci, la vaisselle en faisait partie. Une liste était préétablie en début de trimestre qui donnait à chacun la date et le jour où il devait aider à la vaisselle du soir. 3 pensionnaires étaient nommément désignés pour cette tache. La vaisselle s’effectuait après le repas du soir, pendant que les autres pensionnaires étaient à la petite étude du soir. Toutefois, nous avions la possibilité de nous faire remplacer par d’autres camarades si le jour programmé tombait la veille d’un devoir contrôlé ou d’un examen trimestriel et que nous souhaitions profiter de ce temps pour réviser.
La vaisselle était effectuée avec l’accompagnement de Francis et de la cuisinière ou d’une aide cuisinière. A la fin de ce travail, nous avions droit à un petit dessert préparé par le personnel de cuisine. Ce dessert était la surprise, il pouvait changer régulièrement. Cela pouvait être des biscuits, du pain d’épice, des crèmes à la vanille, de la compote, des gâteaux au chocolat, des petits suisses…
La vaisselle pouvait, pour certains, être considérée comme une corvée, mais pour d’autres, c’était l’opportunité. En effet les gourmands étaient volontaires mais les plus nombreux étaient ceux qui souhaitaient faire l’impasse sur l’étude du soir. Nous n’avions pas de problème pour nous faire remplacer.
» (1962-1971)

« A la fin du repas, nous devions nettoyer nos propres couverts, en effet, l’établissement ne fournissait pas de couverts, nous devions apporter les nôtres, donc nous devions laver nos couverts dans une sorte de marmite remplie d’eau qui circulait de table en table…Les premiers élèves pouvaient nettoyer leurs couverts dans une eau claire, les derniers devaient se contenter de faire faire à leurs couverts des ablutions dans une eau croupie, infestée, j’en suis certain aujourd’hui, d’un nombre incalculable de microbes et autres germes plus effrayants les uns que les autres, le tout dans une odeur de graillon qui piquait le nez, et je n’exagère même pas. Et d’après vous en quelle année étions-nous ? 1921 ? 1947 ? Non … 1986 ! . »

  Encore un personnage de l’école :
M. Giffaut a œuvré au jardinage et à l’entretien des classes de 1944 à 1978.

« LE PERE GIFFAUT
Il arrivait le matin et en fin d’après midi avec son solex, le vélomoteur noir qui sentait l’huile chaude, il traversait la cour puis le mettait dans la remise prés des tonneaux à cidre.
C’était un petit bonhomme voûté, une cigarette sur le coin des lèvres.
L’une de ses activités principales était le ménage, mais je me souviens aussi l’avoir vu dans le jardin, celui qui était proche du portique pour la gymnastique.
Mais le père Giffaut, c’était d’abord la cire dans les couloirs, celle de la rentrée sur les parquets en bois, celle qui nous rappelle que les vacances sont finies, mais c’est aussi l’odeur de la cigarette, celle que certains d’entre nous fumaient en cachette.
En règle générale, lorsque nous sentions la cire et la cigarette le père Giffaut n’était pas loin.
Il travaillait après les cours, souvent seul. Lorsque nous le rencontrions, il était aimable et attentif aux jeunes, il nous demandait de quel village ou commune nous étions et son plaisir suprême était de trouver une connaissance, un ancien élève ou une personne qu’il avait connue dans notre commune.
» (1962-1971)